J’ai reçu un message sur Instagram, une personne m’a contacté car sa soeur vient de perdre son bébé. Elle voudrait l’aider au mieux et m’a demandé si j’avais trouvé une forme de sérénité. J’ai trouvé cette initiative formidable et j’avais envie de lui dire tellement de choses. Mais j’ai fait de mon mieux pour être concise. Sur la question de la sérénité, je lui ai simplement dit que je ne l’avais pas trouvée, mais que j’avais accepté la difficulté. Je ne sais pas si ça lui parlera, mais pour moi c’est exactement ça.
9 mois après la mort d’Arthur, j’ai entrepris un coaching, et mon but était « d’être sereine ».
La sérénité. Cette course dans laquelle je me suis lancée comme une forme de quête du grââl. J’ai demandé la paix et la sérénité de toutes mes forces. J’ai fait des recherches sur comment être en paix, comment vivre sereinement, comment réduire son stress.
J’ai fait du yoga et de la méditation qui m’ont vraiment aidé.
Mais ce qui m’a le plus aidé c’est ce coaching. Cette coach qui a perdu son bébé, avec laquelle je me sentais en sécurité car elle a vécu la même chose que moi. Je savais qu’elle comprendrait, qu’elle ne me jugerait pas et qu’elle ne me blesserait pas. Contrairement aux autres professionnels que j’avais pu voir jusque là.
Je lui ai expliqué que je voulais être sereine pour ma grossesse d’après. Aussi, que je ne voulais pas être stressée, car j’avais peur de faire du mal à un futur bébé. Ca nous a pris plusieurs heures avant que je comprenne et intègre que j’aurai des moments de stress. Dans ma future grossesse ou dans ma vie en général. J’aurai aussi des moments de colère et de tristesse. Parce que ma vie n’est pas terminée j’aurai des coups durs ou des évènements ou nouveautés qui apporteront lot de stress, joie, peine, amour, colère…
La sérénité finalement pour moi c’est accepter tout ça. Accepter d’être triste, en colère et stressée. Parce que aller bien c’est être en accord avec ce que l’on ressent, c’est très différent d’être heureux tout le temps. Aller bien c’est pleurer et se prendre dans les bras quand on est triste. C’est accepter la difficulté. Accepter que ce moment soit difficile et prendre soin de soi. Être là pour soi quand on en a besoin, être sa meilleure amie.
Accepter que dans la vie il y a des hauts et des bas.
Rien ne dure. Tout est changement.
Accepter l’épreuve. Accepter la difficulté. Reconnaître la douleur, la souffrance, le chagrin, le manque et leur faire une place. Ne pas chercher à y résister. Car la résistance empêche l’acceptation. De toutes façons, l’émotion est plus forte que nous alors autant l’accueillir, ça ne sert à rien d’y résister.
A cette femme qui m’a contacté, je lui ai aussi dit que le deuil périnatal n’avait pas de fin.
Car si mon fils est mort une seule fois, son absence, elle, est constante. C’est tous les jours qu’il n’est pas là.
Tous les jours que je dois me lever sans lui. Et pas un jour ne passe sans que je ne pense à lui. Même si les jours avancent et que le temps apporte une certaine forme d’apaisement dans le chaos, mon amour pour Arthur ne diminue pas, au contraire, il prend de plus en plus de place chaque jour.
Je n’ai pas la sensation de devoir me relever, de surmonter une épreuve ou de guérir d’une nouvelle blessure. J’ai la sensation que je réapprends à vivre complètement.
Je suis tombée tellement bas que celle que j’étais est morte avec Arthur, et aujourd’hui je renaît.